Dis-moi où tu vis, je te dirai qui tu es. (Partie 1)

Se loger fait partie des besoins primaires de l’homme ; tout comme se nourrir, se vêtir et se soigner. Avoir accès à un logement décent est aussi un critère de considération sociale, d’estime de soi. Là où on vit, là d’où on sort tant d’intérêt que cela participe du crédit que l’on vous accorde dans votre entourage. Vivre dans sa propre demeure est une preuve de réussite ; vivre sous le toit de quelqu’un d’autre hélas, donne par contre matière à insatisfaction si cela devait s’éterniser.

Si j’ai décidé d’écrire ce billet, c’est parce que j’ai jadis vécu une expérience unique et inoubliable.

Il m’est arrivé il y a maintenant deux ans alors que je franchissais une étape de ma vie personnelle et professionnelle de devoir couper le temps d’un semestre, le cordon ombilical entre ma famille et moi. J’étais jeune, tout plein de rêves et d’ambitions. Je finissais fraîchement les semestres de cours théoriques. J’étais à peine sevré de l’insouciance dans laquelle nous plongeaient les quelques moments de nos délires d’étudiants (Soirées dansantes, beuveries, drague et tout le bataclan). Je devais m’éloigner pour la première fois des miens, vivre seul, autonome et indépendant. Il me fallait vivre dans une maison de location.

J’ai donc loué une chambre dans une ville située à 160 km de Lomé où je n’avais pas de famille. C’est fort de cette expérience que je veux vous parler de la vie commune dans les maisons de location, de la question de l’accès des populations togolaises aux logements décents, de la difficulté d’accès à la propriété foncière. Tout d’abord, il est important de savoir que chez moi,

Il y a en général, trois types de location possibles
3-Les soldier lines – une pièce
  • La configuration

C’est la forme de location la plus répandue, la plus accessible parce que la moins chère de toutes. Le seul avantage qu’il y a avec ce mode de location, c’est une forte présence humaine dans la maison. Soldier line est une référence métaphorique faite à une ligne militaire. C’est-à-dire que les chambres à louer sont alignées les unes après, en face ou derrière les autres. On peut même compter jusqu’à quinze ou vingt chambres toutes ouvertes sur une cour commune. Généralement ce sont des pièces de quatre ou cinq mètres carrés. Toutes sont mitoyennes. Parfois, tout (absolument tout) ce que fait un locataire dans sa chambre, son voisin d’à côté peut l’entendre. Tout le monde est témoin des visites que chacun reçoit. Le seul élément qui peut offrir un peu d’intimité ce sont des terrasses personnelles que peut avoir prévues ou pas le propriétaire devant chaque chambre.

Vues d’en haut, les toitures sont presque de véritables bases de captage de données de la NSA. Il y a des paraboles et antennes de tous types. Chacun est libre de placer celle qui lui donne accès à ses programmes favoris.

Crédit : Gilbert LOWOSSOU
Crédit : Gilbert LOWOSSOU

Dans ces maisons-là, il faut se lever tôt pour vite se laver afin de pouvoir vaquer à ses occupations à temps le matin. Chaque fois que la nuit sera un peu trop mielleuse et le réveil naturellement plus timide, Il faudra faire la queue et attendre son tour pour entrer sous la douche. Pour savoir celui qui l’occupe, il faut mémoriser la couleur des serviettes de chacun ; serviettes que l’on pose généralement au-dessus de la porte d’entrée.

Crédit: Gilbert LOWOSSOU
Crédit: Gilbert LOWOSSOU

Quand vous ne reconnaissez pas une serviette, il n’y a que deux explications : quelqu’un en a acheté une nouvelle, ou quelqu’un a ramené « quelqu’un » passer la nuit, vous comprenez n’est-ce pas ?

Ah ! J’allais oublier ! Il n’y a pas toujours de robinet. D’ailleurs la Togolaise des Eaux ne dessert pas tous les environs. Il faut soit tirer l’eau du puits de la maison, ou se débrouiller pour s’approvisionner ailleurs avec des bidons.

  • Un intérieur très sobre et peu confortable

Dans cette seule pièce qui sera la vôtre, vous aurez la liberté de faire les décorations à votre guise. Grâce à un rideau épais et large (c’est à vous de l’acheter hein ?) qui divise la pièce en deux, vous pourrez avoir d’un côté un salon avec quelques meubles et une table centrale en face d’une table à télé. De l’autre côté se trouvera le dortoir, avec le lit, les vêtements, les ustensiles de cuisine et tout le reste. Pas facile de gérer l’espace, surtout s’il faut y vivre à deux ou plus (avec femme et enfants) ! Les chaussures seront rangées sous le lit, le linge sale au bas derrière la porte et le bidon d’eau de boisson à droite à l’entrée. Difficile de circuler sans croiser les fronts si vous êtes plus d’un. Pas trop convenant non plus d’inviter ses nouvelles conquêtes chez soi si on est célibataire, mais bon, chacun est libre de faire ce qu’il veut.

Vous n’aurez rien dans la pièce à votre arrivée .Il y a au moins, toujours un revêtement de ciment au sol. Mais il faut en voir l’état. Les locataires qui vous ont précédé avaient peut-être des pieds en fer ! Vous pouvez donc coller vous-même un tapis ou une moquette. Remerciez le ciel si en levant la tête, vous voyez un plafond qui cache les tuiles de couverture certainement déjà  très sales.

Si vous habitez une maison ou les chambres sont en soldier-line, les jours où vous serez diarrhéiques feront certainement partie des plus mauvais souvenirs de votre vie. Imaginez-vous, l’envie pressante au point que vos muscles risquent de lâcher à tout moment ; vous arrivez devant la douche, elle est occupée. Vous récitez la litanie des saints, ils vous donnent la force de tenir cinq minutes encore. Vous retournez dans votre chambre, entendez le claquement de la porte des toilettes, y accourez et surprise ! Quelqu’un d’autre à pris le tour !

Parfois néanmoins, si vous avez de la chance il y aura  deux ou trois douches et toilettes, en fonction du nombre de chambres que compte la maison et de la volonté du propriétaire. Pour vous installer dans une de ces chambres, il peut vous être demandé de verser une avance de loyer de trois, six mois ou un an maximum.

Je parlerai de vous, je parlerai de moi !

Allez découvrir d’autres secrets de polichinelle pour l’instant.

A très bientôt pour la suite !

  8 comments for “Dis-moi où tu vis, je te dirai qui tu es. (Partie 1)

  1. Benjamin Yobouet
    21 août 2015 at 14 h 22 min

    Hahaha ah vraiment drôle de location !

    C’est aussi l’école de la vie !

    • Gilbert LOWOSSOU
      26 août 2015 at 16 h 52 min

      Ah oui, c’est l’école de la vie, elle nous forme.
      comme on dit dans la vie, on subit l’exercice et on apprend la leçon ensuite
      contrairement à l’école même. pigistalement.mondoblog.org/

    • Gilbert LOWOSSOU
      26 août 2015 at 16 h 54 min

      Ah oui, c’est l’école de la vie, elle nous forme.
      comme on dit dans la vie, on subit l’exercice et on apprend la leçon ensuite
      contrairement à l’école même.

  2. sandra
    17 août 2015 at 19 h 51 min

    Gilou good job 😉

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