A celle que je n’ai pas pu mériter

Bonjour ma chère,

J’espère que tu vas bien aujourd’hui et que les préparatifs vont bon train pour ton mariage prochain ?

Vois-tu ? Il y a de ces moments où le silence, bien qu’étant une option souhaitable, devient tellement bruissant de paroles qu’il constipe, consume de l’intérieur et oblige à ne point se taire.

Je n’en ferai pas toute une histoire. Je n’en ferai pas un mémoire ; d’ailleurs j’aurais souhaité que de cet échange, il ne reste aucune trace…On aurait peut-être dû simplement avoir de vive voix, une petite discussion ; Cela m’aurait peut-être mieux fixé.

Tiens ! Que ce texte-ci ne t’émeuve même pas. Qu’il ne suscite ni émotion, ni compassion. Il n’en a pas la vocation, et ne devrait en aucun cas en avoir le bénéfice. Qu’il ne sème aucune mauvaise herbe. Que ce texte n’ait le moindre effet à court, moyen ou long terme. De préférence, efface, oublie, juste après. Je l’ai dit, j’aurais souhaité qu’il n’y en ait pas de trace.

J’aurais voulu aussi ne rien demander, mais certaines interrogations persistent en moi et si, tu aurais des réponses, cela me ferait plaisir de les connaitre. Je sais que ce n’est pas un moment conventionnel, quasiment à la veille de ton mariage, ni une démarche très correcte de t’écrire tout ceci. Mais rassure-toi, je n’ai rien à déclarer. Je veux juste comprendre, et passer. Je te garantis que c’est à jamais l’ultime fois où je me permets la largesse de t’écrire sur des sujets pareils.

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De mémoire, il m’en souvient qu’il y a deux ans, peut-être un peu plus je ne sais plus ; je t’ai laissé entendre que je te verrais bien à mes côtés dans quelques années ; que tu correspondais bien à l’idéal que je me m’étais construit dans ma tête ; j’ai même fait référence à Obama et Michelle, si ma mémoire est bonne pour illustrer le destin que je nous peignais. Moi qui étais convaincu, à telle enseigne que j’ai parlé de toi à un ami à moi que tu ne connais pas et lui ai confessé que « si cette fille un jour me dit « oui », juré je ne vivrai que pour elle », je dus me contenter de ton simple silence…

Tout étant communication et même le silence étant un message, j’ai tiré mes conclusions, mais toujours sans aucune certitude. Les choses étant ce qu’elles sont, ce n’était peut-être pas vraiment ton kiff ;

Ce n’était peut-être pas le bon moment pour en parler ? Je n’étais peut-être pas ton genre, l’idéal de tes rêves ? Je n’étais peut-être pas le bon ? C’est surement ça. Je ne pouvais rien te promettre, ni rien te garantir, je n’avais pas le statut qu’il fallait. Tu étais peut être-trop bien pour moi. On était pas de même confession religieuse, je ne t’inspirais pas suffisamment confiance ; je ne semblais pas pouvoir te garantir un futur agréable ? Tu ne serais probablement pas encore sur le point d’avoir la bague au doigt si tu avais essayé avec moi…Certainement.

J’ai donc essayé de passer à autre chose, mais au fond quelque part, j’espérais encore un tout petit peu.

Alors honnêtement il y a quelques mois quand tu as souhaité qu’on discute, je me suis laissé reprendre par un espoir, petit mais solide ; je me suis demandé, avait-elle mieux réfléchis ?changé d’avis ?voulait elle essayer ? Me laisser une chance ? Rien n’y fait, tu ne m’a rien avoué.

Erreur, égo démesuré, je n’ai pas eu le courage de te demander clairement quelle était maintenant ta vision des choses ?

Alors aujourd’hui que la nouvelle de ton mariage prochain me prend au dépourvu, je ne peux m’empêcher de me poser toutes ces questions et hypothèses. Ton désir pressant de discuter :

Etait-ce un signe ? Une chance que je n’ai pas su saisir ? Ai-je jamais eu une chance avec toi ? T’ai-je jamais plu ? Ai-je une fois retenu ton attention ? As-tu une fois envisagé une relation avec moi ? Me suis-je fait trop et juste des idées seul, à ton sujet ? Y avait-il à un moment donné une possibilité ? Cette envie de causer, était-elle une porte que tu laissais entrouverte ? Une occasion que je ne devais pas rater ?

Parce qu’il m’en souvient que nous avions beaucoup parlé de mariage…tu ne semblais pas encore même en ce moment très convaincue…

Etais-tu dans une phase dubitative ? Voulais-tu des réponses ? Une déclaration peut être ? Aurais-je du insister davantage ? Ou plutôt était-ce un avertissement au fait que tu prenais déjà une autre voie et voulais régler les « petits détails en jachère » ? T’ai-je convaincu de te marier d’une manière ou d’une autre ?

Tu disais que tu n’aurais pas dû laisser mes avances sans suite mais tu ne m’a jamais dit s’il y avait ou aurait une suite ou pas.

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Quelques mois à peine se sont écoulés, tu seras bientôt Madame.

Pourquoi si jeune ? Pourquoi peut être si pressée ?

Par amour ? Par convictions religieuses ?

Je me pose ici des questions que beaucoup peuvent se poser.

As-tu subi des pressions de ta famille, de ta communauté religieuse ? Est-ce entièrement ta volonté de te marier si jeune ? De fonder une famille ?

Es-tu amoureuse ? C’est bête cette question ! Je sais. Bien sûr que tu l’es sinon, tu ne te marierais pas !

Mon souhait est que tu m’expliques. Libère-moi ; je ne veux point qu’il reste des abcès non crevés ; je voudrais que tu me répondes de la façon la plus véridique possible ; sans crainte de me blesser si je me faisais des idées ; ni celle de te montrer vulnérable, en étant franche ; je te l’ai dit, cette conversation sera la dernière du genre ; il vaut mieux qu’il ne subsiste aucun non-dit ; Certes, tu n’as pas de compte à rendre ni n’avais de permission à demander à personne. Tu es libre de tes choix et actes.

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Rassure-toi, tu n’as pas brisé de cœur, tu n’as pas trompé ou en rien donné de faux espoirs. Tu n’as fait que silence. Tu n’as pas de peine à te faire, ni de culpabilité à ressentir autre peut-être que celle de ne pas avoir informé, prévenu plus tôt.

Cela ne t’étonnerait certainement pas si je te disais que l’annonce de ton mariage est une nouvelle que j’ai mis quelques heures à comprendre. J’ai pensé à raison que ce n’était pas prévu que tu m’en parles avant mais que tu y as été contraint en quelque sorte. Je réalise simplement encore difficilement, mais ce n’est que temporaire.

Puisqu’il n’a jamais été question de sentiments d’amour, rien n’a éclos ; il n’y a rien eu entre nous mais il y aurait peut-être pu y avoir quelque chose, je ne suis sûr de rien. Le poussin des sentiments que j’aurai pu éprouver et qui n’ont jamais vraiment pu naitre parce que n’ayant eu aucun écho favorable était surement mort depuis l’œuf.

Dieu seul sait lesquels ils auraient été, ces sentiments et l’intensité qu’ils auraient pu avoir.

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Mais je suis certain d’une chose, c’est qu’une perle, tu es. De valeur, inestimable tu es et seras ; le meilleur, tu mérites.

Si je prends la peine d’écrire autant à ce sujet, c’est parce que je sais que rares sont celles comme toi qu’on rencontre dans sa jeunesse ; celles avec qui le pronostic est toujours favorable, le pari toujours gagné d’avance.

Tu peux en être certaine, de bons amis, nous resterons ce n’est même pas négociable ! Mais en moi, subsisteras encore pour quelques temps au moins, le regret de ne pas avoir pu te mériter.

Le fait est que tu as choisi ton homme. Celui qui partagera ta vie, tes peines et joies, tes réussites et épreuves, ton bonheur comme ton malheur pour le meilleur et le pire jusqu’à ce que la mort vous sépare et Dieu t’en est témoin. Tu seras bientôt une femme, une dame, une vraie, félicitations.

Je ne viendrai peut être pas à ton mariage que tu comprendrais que je n’aurai pas encore assez digéré tout ça. Ou peut-être que si, mais rien que pour te voir heureuse et voir l’heureux homme qui aura l’honneur de t’avoir comme épouse.

Je suis aujourd’hui avec une fille de valeur exceptionnelle, et j’espère que si Dieu nous donne vie, et qu’il le souhaite, à mon mariage à moi, tu seras là.

J’ai trouvé cette citation quelque part….

« Le mariage est comme un voyage. Vous ne choisirez pas toujours la route à suivre, ni les circonstances, mais chacun a choisi l’autre. Puisse ce voyage ensemble vous apporter beaucoup de satisfaction, de joie et de succès présentement et aussi dans l’avenir. »

Qu’il te soit fait selon la volonté du tout puissant et que l’homme ne sépare point ce que Dieu aura unit.

Je te souhaite le meilleur. Je suis sûr qu’il te rendra heureuse. C’est mon souhait ; que tu sois heureuse, heureuse et encore et toujours heureuse.

J’aimerais en dire beaucoup plus mais autant que dire ce peu.

Celui qui n’a pas eu la chance d’avoir une chance avec toi

Heureux mariage.

  2 comments for “A celle que je n’ai pas pu mériter

  1. Benjamin Yobouet
    25 janvier 2016 at 21 h 40 min

    C’est tout simplement « EMOUVANT » cette lettre …!

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